La vie Communale

Géologie : Au Nord Est, massif de granulite bordé par des schistes précambriens au sommet desquels apparaissent quelques traces de poudingue pourpré ; celui-ci surmonté par des schistes et des calcaires cambriens formant des bandes dirigées Ouest-Est, très visibles aux environs du bourg. A signaler, le massif de micro-pegmatite dans la partie Nord-Ouest de la commune.
Sur les deux rives de la Jouanne et du ruisseau du Rocher, le territoire forme une plaine (80 à 100 m ;126 m, à la pointe du nord), dont l’horizon est borné au Nord-Est, au Sud-Est par les buttes de Montaigu, Rochard, Crun, Sainte Suzanne. On signale une voie romaine venant de Jublains et passant à 1 km Est du bourg, qui est placé sur la rive droite de la Jouanne, et dans l’angle Sud-Ouest de la paroisse. La route départementale de Sillé-le-Guillaune à Laval longées par la ligne ferrée de Paris-Brest, traverse la commune d’Est à l’Ouest passant au bourg, où l’on remarque plusieurs maisons à tourelles et qui communique avec Evron (6 kms Est) ; Saint-Christophe-du-Luat (2 800m Sud) ; Brée (3 kms Ouest) ; Deux-Evailles (5 500 m Nord-Ouest) ; Jublains (12 kms Nord) ; Mézangers (5 500 m Nord-Est).
L’église : dédiée à saint Vigor, formait avant le XVIe siècle, un parallélogramme de Eglise 22 m de longueur, le chœur n’ayant toutefois que 5 m, 25 m de largeur tandis que la nef avait 5 m 80. Mais on a reconnu en creusant le sol les fondations d’un chœur en hémicycle s’arrêtant au marche-pied de l’autel actuel et se continuant parallèlement au murs côtiers. L’appareil des murs actuels paraît lui-même dater du XIe siècle. Comme à la Chapelle Rainsouin dont l’église dépendait aussi d’Evron, le pinacle, où s’ouvraient les baies destinées aux clochers, était situé sur le pignon séparant le chœur et la nef. A Neau, il était a deux étages de deux baies chacun. En 1548 (et non 1648) on ajouta à l’église une aile depuis le pignon oriental jusqu’au milieu de la nef. La date du travail est indiquée sur un tirant sculpté de gueules de dragons
Intérieur église aux extrémités et de têtesde dauphins. Mr Quinton, curé, fit disparaître  en 1857 le pinacle servant de clocher et construire par un « sieur Hamand, ancien instituteur, architecte de passage », lit-on dans les délibérations municipales, une tour au côté Nord de la chapelle. Le maître-autel, d’un bon travail, où le marbre des colonnes et des appliques se mélange aux sculptures bien fouillées de la pierre blanche, est daté de 1160. Le tableau est de la Visitation, les statues de saint Vigor, saint Sébastien et sainte Anne. On y voit deux écussons, l’un chargé s’un cygne et de 3 étoiles en chef, semblable à celui de la Gousserie, l’autre de 3 coquilles. Ce sont les armes du prieur Jacques Marest. Trois autels en bois, dédiés au Saint-Nom de Jésus, à la Vierge, à saint Nicolas, s’adossaient aux piliers et ont été supprimés en 1815 et 1840 ; celui de sainte Anne, dans la chapelle, a été remplacé par un autel de la Vierge, don de Mr Quinton, 1840. Une statue en pierre de sainte Barbe, du XVIe siècle, est au-dessus de la porte au côté Nord. Dans l’église : inscriptions de François de Girard de la Chaume, de la famille de la Matraye.
 
Le presbytère : avec tour d’escalier, construit en 1720 et aliéné pendant la Révolution, fut occupé par les curés, à titre de locataires, jusqu’en 1812, époque à laquelle la commune céda à la fabrique l’ancien établissement des sœurs où a été construit le presbytère actuel, sur la façade duquel on lit : Hoc presbyterium erexit F. Quinton, Nigelli rector, anno 1850.
 
Petit cimetière : contigu à l’église, désaffecté de temps immémorial.
 
Le grand cimetière : où on enterre maintenant, fut ouvert au XVIe siècle, sur un terrain appartenant au prieuré. Mr Quinton y a fait ériger en 1840 une croix en granit et un oratoire dédié à la Sainte Vierge, refuge des pécheurs.
 
Note historique : Des ruines anciennes, un sarcophage en pierre ont été trouvés au lieu du Gué-de-la-Vigne sur le Dinard, au passage de la voie romaine. Une épée découverte dans les terrassements du pont de la Jouanne (1835) est au musée de Laval. On cite en 1501 comme abornement le champ de la Bataille. Il ne faut pas voir Neau dans la villa Nogiogilo donnée par saint Bernard à l’église du Mans (616), ni dans le Nojolium où saint Aldrie fonde vers 834 un établissement agricole. Ce nom désigne Neuil, dans l’Indre-et-Loire — Localités de noms anciens : Gesne ou Jeune, Vauclair, Courtaudon, Pivaignon, Geslin, le Gasseau — L’église, avec le village, est comprise dans la dotation nouvelle de l’abbaye d’Evron par Robert en 989, et Hildebert, en 1115, dans sa charte de confirmation, la mentionne avec son vocable de saint Vigor — Représentation de l’Enfant-Prodigue, interrompue par un meurtre, au mois de décembre 1527 — Deux huguenots, les frères de la Sauvagère, périrent dans les premiers troubles en 1562 — Contagion en septembre 1592, juillet 1594 — Le 10 janvier 1593, les gendarmes occupent Courtaudon et la population se réfugie à Mézangers — D’autres bandes sont au bourg le 26 avril 1616 — Les paroissiens refusent de payer le droit de luminaire dû à la cathédrale, 1704 et le doyen déclare que la paroisse est difficile à desservir, 1778 — Interdiction du jeu de la boule, jetée le jour de Noël par le dernier marié de l’année 1761.
Le cahier de 1789, rédigé apparemment par François Géhard, procureur-syndie, fermier du prieuré, et signé de dix-sept noms, contient des voeux de réforme générale, et réclame la conservation de la municipalité à laquelle incomberait la répartition des tailles et impôts. — Le 19 novembre 1799, cinq insurgés royalistes viennent enlever le grain du prieuré.